On trouve dans ce village au VIème siècle une villa romaine nommée Lauriac. Depuis, Lorry-lès-Metz a été le théâtre de bien des conflits. Au XVème siècle, la seigneurie appartient à la puissante famille de praticiens messins des Baudoche, avant d'être dévastée à plusieurs reprises au cours des siècles suivants.
En 1870 a lieu le combat du bois de Vigneulles aux abords de Lorry.
On trouve dans ce village quelques vestiges de ces siècles passés, comme l'ancien château de Malberg et sa chapelle.

Patrimoine à découvrir

  • Le château de Malberg : cette maison était la maison de famille de la vénérable madame Caroline Colchen Carré de Malberg
  • La maison des Plaids Annaux (XV-XVIème siècles)
  • L'église fortifiée Saint-Clément, bâtie par Pierre Baudoche en 1414, agrandie en 1830, fonts baptismaux de 1500, orgue
  • La chapelle Notre-Dame-du-Gros-Chêne
  • La chapelle de l'ancien couvent de Vigneulles
  • La chapelle sépulcrale de Caroline Colchen Carré de Malberg
  • La maison de Philippe de Vigneulles

Jeu estival 2021 : Les Moulins à eaux de Lorry-lès-Metz

Rencontre avec Mme Sophie Créty, Ambassadrice de Lorry-Dès-Metz.




Au Nord-Ouest de Metz, la commune de Lorry-lès-Metz est composée d’un village rue et d’un hameau. Au Moyen âge, le village rue et le hameau ont chacun leur seigneur qui tous deux se partagent un bien précieux s’agissant d’un ruisseau que l’on appelle Rhône. Le Rhône coule dans une petite vallée qui fait le lien entre le village et le hameau. 

 

Comme ça se fait dans chaque village au Moyen Âge, on installe sur le ruisseau des moulins à eau. Ici, on en construit trois. Deux d’entre eux appartiennent aux deux seigneurs du village tandis que le troisième revient à un seigneur de Metz en la personne de l’évêque lui-même. 

On bâtit le premier moulin en haut, vers la source, le second au milieu et le troisième en bas. 

Au-dessus de chaque bâtiment on creuse, ou on édifie, un bassin en forme de poire pour retenir l’eau dont on contrôle le niveau grâce à une petite écluse. Lorsqu’on ouvre l’écluse l’eau est libérée dans un canal de dérivation pour être conduite au niveau de la roue située dans une fosse de roulement. La roue entraînée par l’eau est reliée par un mécanisme ingénieux à deux lourdes meules en pierre situées à l’intérieur du moulin. C’est là que le grain amené par les paysans est réduit en farine pour confectionner le pain, les pâtisseries ou les gruaux. 

 

Comme on peut s’en douter, il y a eu beaucoup de changements depuis l’époque de la construction des moulins.

Le premier changement vient au XVIIIe s. avec la révolution française où les seigneurs perdent leur contrôle sur les moulins. À ce moment, les moulins sont vendus à des propriétaires privés qui vont gérer eux-mêmes les moulins et le broyage des céréales. Il faut savoir que ça coûte cher car il faut entretenir les bassins, les canaux, la roue en bois et surtout les meules en pierre qu’on fait venir de très loin car on ne peut pas utiliser n’importe quelle pierre pour moudre. Les roches meulières mises en forme par des artisans chevronnés doivent être à la fois très dures et très abrasives. On les fait venir d’Allemagne ou de la région parisienne.

 

Le second changement arrive peut de temps après, au XIXe siècle où on entre dans l’ère industrielle. À ce moment-là on se met à construire des moulins industriels près des villes ou dans les villes et les moulins des villages subissent des transformations importantes. Les moulins peuvent par exemple servir à la production d’électricité, ou bien à broyer les noix pour en extraire l’huile ou comme le moulin du bas de Lorry-lès-Metz, ils peuvent également être convertis en cartonnerie. Pour fabriquer le carton, on utilise surtout l’eau du bassin pour attendrir les chiffons qui servent de matière première. L’art du cartonnage est très important car à cette époque on utilise énormément cette matière pour faire des boîtes d’emballage à la fois pratiques pour le rangement et chics si l’artisan a du talent. Le cartonnier de Lorry-lès-Metz est particulièrement réputé puisqu’il est primé à l’exposition universelle de Metz en 1861. 

 

À force de changements dans la société qui se modernise et s’industrialise, petit à petit, on abandonne les moulins. À Lorry-lès-Metz, on stoppe d’abord l’activité du moulin du haut certainement parce qu’il est le plus éloigné du village, on stoppe ensuite l’activité du moulin du milieu mais on déplace les meules au moulin du bas où l’on continue à faire de la farine non pas avec l’énergie de l’eau mais grâce à la traction animale. Il se raconte en effet, que les meules certainement posées au sol étaient entraînées par deux chevaux dont on avait bandé les yeux. Finalement tout s’arrête avec la mort du dernier meunier dans les années 1920. 

 

Aujourd’hui, en se promenant le long du ruisseau, on peut encore voir les trois bassins, les traces des écluses et des chutes d’eau qui forment des petites cascades, des chemins, des petits ponts, des ruines et un moulin convertit en maison d’habitation.